Syndromes d’apnées du sommeil : Les nouveautés dans le traitement par PPC

Contenu publié le : 5 novembre 2018

L’histoire du traitement par PPC commence en 1981 avec le Professeur Colin Sullivan à la clinique du sommeil du “Prince Albert Hospital”, situé à Sydney en Australie. A l’époque le traitement des apnées du sommeil était essentiellement chirurgical, soit par trachéotomie (un trou dans la trachée), soit par chirurgie ORL, en coupant la luette et le voile du palais. En regardant ses patients dormir, le Pr Sullivan se dit qu’il y avait surement un moyen non agressif pour lutter contre l’obstacle des voies aériennes supérieures. Si l’air n’arrive pas à passer naturellement, peut-être qu’en le « poussant » cela règlerait le problème ? Aussitôt pensé, aussitôt fait…. Afin de mettre à l’épreuve son idée, il colla des tubes dans les narines d’un patient et les connecta à un aspirateur modifié pour envoyer (au lieu d’aspirer !) de l’air dans les tubes. Cela fonctionna pour certains patients, néanmoins, d’autres ne parvenaient pas à trouver le sommeil en étant attachés à cet appareillage.

Le système s’est amélioré avec la pratique. L’étape suivante fut de trouver un moyen d’appliquer la pression autrement qu’avec des tubes qu’on colle dans les narines, solution hautement inconfortable. Il eut donc l’idée d’utiliser un masque. Il déposa le brevet de sa première machine PPC (machine à pression positive continue) en 1981, mais bien des améliorations techniques et pratiques furent encore nécessaires pour rendre son invention compatible avec une production sur une grande échelle et une utilisation quotidienne.

Progressivement les appareils de PPC se sont améliorés, passant de simple machine mécanique à des machines intelligentes et confortables avec microprocesseur embarqué qui, aidé d’un algorithme, ajuste la pression du flux d’air aux événements respiratoires détectés chez le patient.

De machine encombrante (de la taille d’une valise) les dispositifs de PPC ont vu leur taille se réduire et devenir nomades, s’installant comme un réveil sur la table de nuit voire sous la tente en camping. Parallèlement les masques ont évolué, bénéficiant des dernières recherches tant sur l’ergonomie que sur les matières utilisées. Les masques en plastique moulé sur mesure des années 80, lourd et irritant, pourvoyeur de fuites, ont laissé la place à des masques légers, présentant des voiles en plastiques doux, plus étanches et surtout plus confortables et moins encombrants ; le dispositif de traitement par PPC moderne propose une efficacité et un confort optimal.

En 2018 les constructeurs d’appareils de PPC n’ont de cesse d’améliorer le confort du traitement, seul garant d’une utilisation régulière par le patient. La machine à PPC est devenue le nouveau compagnon bienveillant de millions d’apnéiques, s’intégrant discrètement dans la chambre et dans la valise.

Reste que dormir sur le côté, et surtout sur le ventre est encore difficile avec la plupart des masques.

D’un constructeur à l’autre les appareils sont tous ingénieux et efficaces, parfois plus adaptés à un patient qu’à un autre permettant ainsi de conserver son mode de vie. L’évolution vise surtout le design et la taille, pour favoriser la mobilité, sans oublier toutefois l’aide à l’acceptation de la pression, avec des options de confort au démarrage de la nuit et à l’expiration sur certains appareils

L’inventivité des nouveaux masques est tout autant intéressante, tant au niveau des attaches (plus souples, plus fines, aimantées…), qu’au niveau des modes de passage de l’air qui peuvent parfois ne plus occulter le champ de vision : nasal, narinaire, naso-buccal, facial. Ainsi chacun peut désormais trouver « masque à son nez ».

Autre évolution qui s’initie avec les avancées technologiques : pouvoir recueillir sur son smartphone les données de la machine et visualiser les données de son traitement. Il est possible de voir par exemple comment on a été corrigé, si on a utilisé suffisamment sa machine et s’il n’y a pas de souci de fuites… Le patient devient le premier acteur de son traitement.

A l’avenir, les constructeurs nous réservent sans nul doute de bonnes surprises. Le traitement par PPC reste un traitement qui oblige à se familiariser avec de nouvelles routines liées à un nouveau partenaire de sommeil (la machine à PPC), mais quel chemin parcouru depuis 1981 !

N’hésitez pas à partager votre expérience sur ces évolutions et ces innovations ; nous vous invitons à témoigner en apportant votre expérience sur les nouveautés matérielles sur notre forum dédié. Comment en avez-vous entendu parler ? Les avez-vous testées ? Comment les avez-vous obtenues ? Qu’apportent-elles de vraiment nouveau ? Qu’aimeriez- vous voir se développer ? Pour échanger avec d’autres patients, rendez-vous sur le forum du Réseau Morphée, modéré par nos médecins coordonnateurs.

Partagez ce contenu :

Soumettre un commentaire

Les champs requis sont marqués par *

*
*